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Cyraunez de Blairgerac Parodie

La rançon du succès ! Cyrano est mis à toutes les sauces...


Dans le sillage de son énorme succès, Cyrano a entrainé non seulement un vaste merchandising, comme l'on ne disait pas alors, mais aussi de nombreuses adaptations et parodies, tant en librairies que sur scènes. Une féérie, Au balcon de Roxane, Cyrano de Bergerac reçoit Edmond Rostand dans l'au-delà ; un drame historique, Les exploits de Cyrano de Bergerac ; une revue "cyranesque, saint-cyrienne et parachevée" En voulez-vous du panache ; un Cyrano à Saïgon, un Petit Cyrano, un autre Chez la Croix-Rouge ou bien encore Aux tranchées pendant la guerre de 14-18. Nous avons retrouvé l'une de ces parodies, Cyraunez de Blairgerac représentée moins de deux mois après la création de l'originale, le 12 février 1898, sur la scène du "Concert de l'Eldorado".



Elle est signée de MM Gerny et Briollet avec, dans le rôle titre, M. Lejal (voir à ce nom par le moteur de recherche) et dans le rôle de Roxane, Mme Yette Bertholy.



Prologue (extraits)

Après l'ouverture du rideau, Ragoutneau, dans son costume de gargotier, dit le prologue à l'avant-scène)



Mesdames et Messieurs, je viens vous annoncer

Que nous allons jouer ici la parodie

D'une pièce à succès... Avant de commencer,

Je vais vous dire un mot sur cette fantaisie...



Il faut que les auteurs aient eu de l'estomac

Pour parodier Cyrano de Bergerac.

Cette ouvre magnifique, aux vers d'Hugo pareille,

Dont le rythme joyeux nous chatouille l'oreille ,

Et qu'on doit au cerveau d'un poète épatant,

Surprenant, renversant, qui s'appelle Rostand.



Pour l'interprète aussi, quelle rude besogne,

Car il ne peut Ă  la fois avoir le grand nez

Et l'énorme talent de Coquelin Aîné...

Le frère de Cadet... qui n'est pas de Gascogne...

Nous n'avons pas comme eux des cinq ou six décors,

Nous n'avons qu'un salon, pensez si ça nous gène,

Aussi, par-ci, par-là, s'il manque quelque scène

C'est que probablement,... la scène a lieu dehors !...



Voyez si nos auteurs ont peiné pour leur ?uvre,

Obliger de tailler, de rogner le chef-d'?uvre,

Ils ont placé des mots à tort et à travers,

Ironique

Et ils ont le toupet d'appeler ça des vers... !



De cette parodie excusez la faiblesse,

Les auteurs ont fait queue Ă  la port' Saint-Martin,

Impossible d'avoir le moindre strapontin,

Confidentiellement

et je crois, entre nous... qu'ils n'ont pas vu la pièce !

Fausse sortie

Mais espérons toujours que ça marchera bien,

Les auteurs sont Gascons... Ils ne doutent de rien !



Il sort. L'orchestre joue le refrain de : Ah quel nez !)





Morceau choisi



J'ai compris... Votre mot n'est pas fort.

Si vous aviez mon nez,

Et que j'veuill' le chiner,

VoilĂ , sans plus d'apprĂŞts,

Ce que je vous dirais :

« Mais ce n'est pas un blair... ça, c'est un bigophone !...

Quand on veut vous causer Ă  deux pouces du nez,

Monsieur, faut-il avoir recours au tĂ©lĂ©phone ? »

Je pourrais ajouter : « Quand vous Ă©ternuez,

Est-ce trombe, dit-on, tornados ou cyclone ?



Mais... j'y pense... avec ce superbe mamelon,

Quand vous parlez du nez... vous en dites très long !



Pour votre nez, Monsieur, voulez-vous une place ?

On embauche cet hiver pour casser de la glace !



Ah ! je comprends... j'y suis... c'est un bâton d'agents ;

Ce tubard peut servir dans les encombrements,

De plus quand vous mentez, que votre nez remue,

Incontestablement... ça doit barrer la rue...



Mais ce n'est pas fini... je puis vous dire encore...

Qu'il vaudrait un million s'il Ă©tait en ord.



Dites donc... entre nous... quand votre nez découche,

Près des dames, il doit être très suggestif...

Mais en les embrassant avec un pareil pif,

Ne leur fourrez-vous pas votre nez dans la bouche ?



Attendez... je suis très amateur de tableaux !...

Vous devez en loger des tas dans votre organe ?

Servez-vous d'un crochet... fouillez dans vos anneaux,

Et décrochez-moi un Puvis de Chavanne !



Un seul mot finira ma dissertation,

Soignez votre appendice avec attention.

Et souvenez-vous de cette prédiction :

Ce nez sera le clou de l'Exposition ! »



Mon cher marquis de Dindonneau,

VoilĂ  ce que vous deviez dire

Sur mon nez, en fait de satire...

Si vous n'Ă©tiez pas un fourneau !...





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Publié le 02 / 07 / 2005.


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