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Pascal Colas nous fait découvrir le "Cyrano" de Bernard Noël

Voici le texte intégral de l'article de Jean-Loup SIMIAN, paru dans le "Sud-Ouest", après la première du spectacle, lors du XIIème Festival des jeux du théâtre de Sarlat


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SUD-OUEST


Grand Quotidien Républicain Régional d’Informations


Le XIIe Festival des jeux du théâtre de Sarlat

s’est ouvert par un « Cyrano » particulièrement romantique

(De notre envoyé spécial Jean-Loup SIMIAN)

 

   C’est par une belle soirée, chaude et étoilée, digne d’inspirer à un Shakespeare local un nouveau « Songe d’une nuit d’été », que s’est ouvert, vendredi, le XIIe Festival des jeux du théâtre de Sarlat.

   Un peu de patience, s’il vous plaît. Deux représentations de la féerique comédie du « Grand Will » seront données un peu plus tard, les 27 et 28 août, mais, pour l’instant on joue « Cyrano » qui semble bien avoir retrouvé, ici, à quelque soixante-cinq ans de distance, le triomphal succès qui marqua sa création.

   Ce qui prouve que le chef-d’oeuvre de Rostand, tant de fois repris à Paris et en province, exerce toujours le même attrait sur le public, justement séduit par la grâce et ingéniosité d’une action tour à tour héro¿que, sentimentale et patéthique, autant que par la virtuosité d’un poète qui lui prodigue, sans interruption, les tirades ébloussantes, les répliques cinglantes, les mots à facettes et les rimes cocasses.

   L’oeuvre bénéficiait, il faut le dire, d’une remarquable distribution en tête de laquelle s’inscrivait un quatuor de jeunes acteurs :  Bernard Noël, Odile Versois, Jacques Toja et Georges Descrières.

   A ce sujet, il convient de remarquer que, contrairement à la tradition qui veut que le rôle de Cyrano soit tenu par un comédien chevronné (Coquelin avait 56 lorsqu’il créa le rôle, soit une vingtaine d’années de plus que Cyrano quand il mourut), Maurice Jacquemont a préféré le confier à un acteur de l’âge de Christian et de Roxane. De ce fait, il n’est plus une sorte de barbon, un « Arnolphe », mais un jeune homme qu’une disgrâce physique – un nez difforme – a frappé d’un complexe d’infériorité et qui essaye de le compenser par sa faconde et son arrogance.

    Bernard Noël possède, d’ailleurs, la fougue, l'allure, le panache et la voix claironnante qui conviennent à ce personnage pittoresque, éloquent, turbulent, querelleur et généreux, toujours prêt à « en découdre » et qui «  retroussant son esprit ainsi que ses moustaches… » sait faire « sonner des vérités comme des éperons ».

   Il sait aussi captiver, faire rire et, au besoin, émouvoir comme il l’a prouvé au dernier acte, celui du couvent.

   Bref, c’est un Cyrano très romantique.

   Auprès de ce rôle écrasant, envahissant, les autres sont réduits à celui de « faire valoir », ce qui n’a pas empêché à Odile Versois de se tailler un joli succès personnel dans Roxane, à laquelle elle prête sa grâce altière et sa fine sensibilité.

   De leur côté, Jacques Toja et Georges Descrières incarnent avec bonheur le beau Christian et l’élégant de Guiche.

   On voudra bien nous excuser de ne faire, faute de temps et de place, d’autres citations dans une distribution qui comporte une cinquantaine de rôles, tous excellemment tenus.

   C’est ce foisonnement qui rend particulièrement difficile, surtout pour une représentation de plein air, la mise en scène de cette oeuvre dont l’action, très mouvmentée, se déroule en cinq lieux différents. Il faut donc féliciter Maurice Jacquemont de l’avoir rendue très vivante en utilisant adroitement le superbe décor naturel qui lui fournissaient les nobles façades de l’ancienne place Royale et la rampe qui conduit au vieil hôtel Magnanat.

« Cyrano » acquiert ainsi une « dimension » nouvelle.


* * *


   DEUX autres représentations de « Cyrano » sont prévues pour ce soir, samedi et demain soir, dimanche.

   Par la suite, Maurice Jacquemont présentera « le Malade imaginaire » qui, on le sait, est la dernière comédie de Molière et une des plus comiques, une de celles dans laquelle il s’est le plus moqué de ses propres misères.

   Pris d’une indisposition – qu’il dissimula pendant la quatrième représentation – il fut transporté chez lui où il mourut peu après.

   Monté avec les divertissements du premier et du deuxième actes et non pas seulement avec clui de la cérémonie finale au cours de laquelle Argan est intronisé médecin par la Faculté, « le Malade » sera certanement un grand et amusant spectacle.

Maurice Jacquemont sera Argan, Josette Valera Angelique sa fille, Jean-François Adam, Cléante, son amant et Françoise Seigner, Toinette, la servante.


* * *


   « Le Songe d’une nuit d’été », féerie shakespearienne aux sources disparates, formée par un réseau compliqué d’intrigues sentimentales et bouffones, ne présentera pas moins d’intérêt.

  L’action se déroulant dans une forêt, il sera particulièrement intéressant de voir comment Maurice Jacquemont parviendra, par une mise en scène appropriée, à « effacer » les vieilles pierres de Sarlat pour en faire le lieu magique où Obéron déploie ses sortilèges.

Alain Mottet incarnera le roi des Génies, Obéron ; Marc de Georgi, Puck le lutin ; Madeleine Marion, Titania, la reine des Fées ; Jean-François Adam, Lysandre ; Jean-Claude de Goros, Démétrios ; Josette Valera, Hermina ; Hélène Chatelain, Hélène etc.


* * *


   Parmi les personnalités présentées à la soirée d’inauguration, on remarquait Mme Anfré Maurois, MM. Maurice Herzog, haut-commissaire à la jeunesse et aux sports ; Villeneuve, préfét de la Corrèze ; Cuvelier, chef du cabinet du préfet de la Dordogne ; Robert, sous-préfet de Sarlat ; docteur Leclère, conseiller général, maire de Sarlat ; de Segogne, président du Festival ; Burg, président de la Foire-Exposition ; Froidevaux, architecte en chef des bâtiments de France ; Sylvain Floirat, directeur d’Europe N.1 et maire de Nailhac, etc.

 

 

Un grand merci à M. Pascal COLAS de nous avoir communiqué toutes ces informations !




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Publié le 08 / 08 / 2012.


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